Sep 15

Hyperloop : enfin la révolution

By Antoine | Economie

Elon Musk a eu la brillante idée de partager en open source ses travaux de recherche sur l’hyperloop. Primo, la démarche est vraiment intelligente et humaniste.

Mais surtout, je pense l’hyperloop capable de totalement révolutionner le transport de voyageurs (et de marchandises, mais le critère du temps de trajet est moins important pour celles-ci). Imaginez relier Bordeaux et Paris en un peu plus de 30 minutes à 1000 Km/h dans une capsule circulant dans un tube sous vide ! Ou Rouen-Paris en… 10 mn à raison de 7 mn par 100 Km.

Ce serait une révolution avec des impacts énormes. Ecologiques d’une part (faible consommation, silence absolu pour les riverains, pas d’emprise au sol donc pas de passages à niveau), mais surtout pour l’immobilier : pourquoi habiter Paris si l’on doit y travailler ? Les prix de l’immobilier s’effondreraient à Paris. ENFIN !

Rien que pour cela, vous imaginez les lobbys qui feront tout pour que cela n’arrive jamais. Le lobby des transporteurs (SNCF, routiers, compagnies aériennes, compagnies d’autoroute) et du pétrole seront arcboutés eux-aussi.

Nos politiques auront-ils le courage de mener vraiment cette révolution verte ? La crise du logement serait grandement résolue en soulageant la tension sur les marchés saturé »s des grandes villes. Mettre la ville à la campagne !

Le point sur les projets en cours avec cette vidéo.

Nov 17

Oh gosh!

By Antoine | Humeur

Les britanniques, bien connus pour leur fierté qui leur interdit de se dédire, arrivent cependant à la conclusion que le Brexit était une erreur. Sans blague ?!

Le pourcentage de ceux qui regrettent leur choix est en constante augmentation. Fallait davantage réfléchir avant. Maintenant, faut passer à la caisse et payer pour ses erreurs.

By the way, la splendide City est passée derrière Paris en termes de capitalisation boursière. Impensable, isn’t it? Et pourtant. Le point positif du Brexit ? Une leçon d’humilité, c’est tout.

Avr 09

Les immortels myopes

By Antoine | Politique

J’en veux à Hélène Carrère d’Encausse. Son quasi slogan « Victorieuse Russie » m’insurge.

Non seulement la Russie a vu naitre cette abomination qu’est le communisme, mais la chute de l’URSS fut tout aussi piteux et la décennie suivante livrée à la prédation des affairistes devenus des oligarques. Et puis est arrivé Poutine Ier… avec la suite que l’on connait.

Mais la faute d’HCd’E tient à son aveuglement sur la réalité russe. La veille (!) de l’invasion ukrainienne, elle expliquait, péremptoire, que le risque d’invasion de l’Ukraine est « un mythe ». Le problème étant qu’elle avait l’oreille du Président, comme des 5 présidents précédents. C’est donc une sorte d’influenceuse de 92 ans mais qui a tout faux !

A quoi cela sert d’être historien si l’on n’est pas capable de prédire l’avenir, pas même à 24h ! Elle est une Immortelle (et très fière d’elle). Les ukrainiens, eux, ne sont pas immortels et la vue ce matin des sandalettes d’une petite fille maculés de sang dans la gare bombardée de Kramatorsk m’a fait pleurer de tristesse et de rage. Ses jambes arrachées étaient un peu plus loin. A-t-elle vu les mêmes images ?

Mar 10

Pravda et glasnost : double mensonge russe

By Antoine | Humeur

Правда et гласность Les deux seuls mots de vocabulaire russe que je connais (en plus de niet, vodka et perestroika). Et ce sont en fait deux mots mensongers dans la bouche des russes.

Depuis aussi loin que je m’en souviens, je dis et répète que les communistes sont les champions du monde du mensonge, de la manipulation et du cynisme. Je déteste avoir raison.

Mais « le pire est à venir », je le crains. Mon regard se tourne vers la Chine.

Oct 06

Photons

By Antoine | Non classé

4 x 1084 photons dans l’univers

Je sors le soir pour regagner ma canfouine. Levant les yeux au ciel pour m’arracher aux contingences de ce bas monde, je suis toujours ébloui par la beauté et l’immensité de la voute étoilée.

Ces points de lumière frappent ma rétine depuis le fond de l’espace et le fond des ages. Chaque photn a traversé des milliers ou des millions d’années lumières pour venir échouer et s’éteindre au fond de ma rétine. Emouvant. Un millimètre à côté et son cousin photon tombe dans l’herbe et meurt sans avoir eu aucun destinataire. Personne ne l’a vu, donc c’est comme si il n’avait jamais existé. Cela me fait réfléchir.

Et si vous vous demandez comme moi combien de photons ont été produits dans l’univers par les 200 milliards de galaxies contenant environ 130 milliards de planètes chacune, et cela durant 90% du temps d’existence de notre univers durant 13,7 milliards d’année, eh bien cela fait… 4 x 1084 photons. Soit un 4 suivi de 84 zéros.

Bon, c’est vertigineux. Je vais me coucher.

Oct 05

Autel de passe

By Antoine | Humeur

Le rapport Sauvé ne va pas en épargner beaucoup parmi les clercs.

La justice des hommes va enfin prendre le pas sur la justice du Seigneur. Il était plus que temps. Rétrospectivement, j’ai peur d’avoir couru le risque de rencontrer un prêtre détraqué.

Ma pensée va aux très nombreuses personnes doublement abusées : physiquement et spirituellement.

J’imagine qu’aucun évêque ne va démissionner. Lamentable.

Sep 27

Tursiop

By Antoine | Souvenirs

O mare, o mare

Traversée vers la Corse en ferry un soir d’été. Plaisir enivrant d’atteindre une île par la mer, dans le respect de son insularité.

Cueillir le moment présent du bonheur simple d’une traversée de nuit. La passerelle de commandement est calme, plongée dans la pénombre comme le pacha dans ses pensées. Je le regarde de dos à travers le hublot séparant touristes et professionnels.

J’aime marcher le soir sur le pont et m’emplir du calme du bruissement des vagues contre la coque et de la suavité de l’air humide et salin. Soudain, sur tribord, j’aperçois un tursiop jouant dans la vague d’étrave. Le souvenir est-il véritable ou n’est-il pas l’expression d’un désir intense renouvelé, traversée après traversée, de croiser la route d’un delphinus delphis ?

La lune, elle, était là, c’est sûr. Ses reflets argentés sur la mer d’encre. La grande bleue drapée de noir comme pour faire son deuil du soleil. Ce clair de lune, lui, je ne l’ai pas inventé. Demain, les cétacés pourront avoir disparu de nos côtes et même du grand large, mais la lune continuera de se lever sur la mer.

Tant que mes yeux pourront voir, ils admireront les noces de la mer et de la lune. Et même lorsque mes yeux auront cessé de s’ouvrir, la lune continuera de promettre à la mer des nuits plus belles que le jour. 

Sep 24

Félicie… Aussie !

By Antoine | Humeur

Fernandel aurait aimé composer un petit sonnet pour railler l’esprit mesquin des anglo-saxons dans cette histoire de sous-marins qui prennent l’eau… de boudin !

Le chansonnier, se rappelant de sa Félicie, se serait amusé qu’un habitant de l’Australie se fasse appeler en anglais un Aussie !

« Les australiens ont pris la fuite,
Nos sous-marins auraient des fuites…
Le vieux Biden… Aussie !

Les négociateurs disent des fariboles
On a envie de leurs foutre des tornioles…
Aux americains… Aussie !


Les aborigènes ont les choquotes
Qu’on étende notre boycott 
A leurs slips kangourou… Aussie !


Les anglais, ces vrais faux-culs,
Ce s’ront eux les vrais cocus 
de cet AUKUS… Aussie !

Pour ceux qui auraient oublié l’air :

https://www.youtube.com/watch?v=Rl4ymHuM_F0

Sep 18

Coup de pied AUKUS

By Antoine | Humeur , Politique

Perfide Albion (et autres anglo-saxons) !

L’affaire des sous-marins australiens révèle (à ceux qui ne le savaient pas déjà) combien la perfidie et le cynisme gouvernent le monde. Anglo-saxon plus encore.

Je peux comprendre l’importance d’un accord militaire Australie / Royaume-Uni / Etats-Unis (AUKUS en jargon diplomatique), mais bigre ! que cet acronyme en dit long :

Ces (f)AUKUS ne méritent que des coups de pied AUKUS !

Il n’y a qu’à voir le visage de Joe Biden hier lors de l’annonce de ce « formidable

La palme de l’hypocrisie revient à Anthony Blinken, secrétaire d’Etat à la Défense, élevé en France jusqu’à l’âge de 12 ans, francophone et francophile (?) et dont la nomination par Biden avait été considérée comme une bonne nouvelle par toute la presse français. Il a déclamé ceci, remportant la palme de la déclaration la plus (f)AUKUS du mois :

« La France reste un partenaire vital dans la région Indo-Pacifique et nous collaborons de manière incroyablement étroite avec la France sur beaucoup de priorités communes. Nous accordons une relation fondamentale à cette relation. »

On voit le résultat…

Sep 17

Boutef’, direction bourrier

By Antoine | Non classé

Un proverbe allemand prétend que « le poisson pue par la tête« .

Bouteflika est mort. Les algériens ont été bien trop longtemps les victimes de cet homme qui a fini sa vie comme un zombie et qui a pourri la destinée du pays.

Era ora ! Il était temps.

Je peux maintenant ressortir mon petit poème au vitriol « Président guacamole » composé en janvier 2017 :

http://volumondu.com/president-guacamole/

Sep 13

4 ans

By Antoine | L

Ceux qui savent se féliciteront comme moi. N’oublions jamais : vinceremu !

Sep 11

10 secondes ou 20 ans de chute

By Antoine | Histoire , Humeur , Politique

« The falling man ». Hommage à lui et aux victimes de la bestialité du 11 septembre 2001

La photo est connue. Et inconnue de beaucoup à la fois. Certains disent qu’elle est « la plus connue des photos inconnues », car la pudeur et une certaine autocensure chez les américains sur les images les plus dures du 9/11 ont effacé ce cliché des medias.

Que faut-il penser de la photo de cet homme, immobile dans sa chute, tête en bas, le corps étrangement symétrique avec l’arrière plan qui défile de plus en plus vite ?

10 secondes de chute.

Est-ce le symbole du triomphe de la mort sur la vie ? Ou plutôt l’inverse : celui de la vie sur la mort car cet homme a choisi sa manière de mourir et il semble être résolu, à défaut d’être calme dans ces circonstances funestes.

Cet homme, je l’admire et je lui témoigne mon respect.

L’Amérique, elle, tombe depuis 20 ans. Le pays s’est fourvoyé dans des guerres mal préparées et encore plus mal exécutées. Les citoyens se sont déchirés entre eux pour en faire les Etats Désunis. Le populisme, la haine, la vulgarité (Trump et les autres)… La chute n’en finit pas. Elle dure plus de 10 secondes.

Mar 09

La poétesse et la foule

By Antoine | Poésie

On croit connaitre Marilyn Monroe et sa plastique parfaite. Mais sa richesse intérieure est plus touchante encor.

La poésie était son refuge. Son troisième mari, Arthur Miller, disait « Elle était un poète au coin de la rue essayant de réciter ses vers à une foule qui lui arrache ses vêtements ».

Et elle d’écrire dans ses confessions intimes, alors qu’elle était enfermée contre son gré quatre jours durant dans une pièce capitonnée d’un asile où sa psychologogue lui avait conseillé « du repos » : « Oh, les hommes sont en train d’aller sur la Lune, mais ils ne semblent pas s’intéresser aux battements du cœur humain. »

Jan 08

La nuit américaine

By Antoine | Humeur , Politique

Boire le poison de Trump jusqu’à la lie…

Le Néron américain a régné 4 ans moins 13 jours. Imaginons l’état du pays après 4 ans de plus si Trump avait gagné sa réélection !

Le bilan est désastreux sur tant de plans qu’il doit ravir, au-delà de leurs espérances, les plus farouches ennemis de l’Amérique. La Russie a réussi un coup de maitre. Son PIB ne dépasse pas celui de l’Italie mais elle est le champion de la déstabilisation.

« Make America Great Again » ??? J’ai pas bien compris.

Au-delà de l’abjecte M. Trump (insane), que la honte marque au fer rouge le front de la quasi totalité des congressmen républicains qui ont laissé Trump se livrer à tous ses (mauvais) instincts. Oui : la démocratie américaine est définitivement malade. Oui : Washington is a swanp.

La nuit américaine était une technique cinématographie dans les années 50-60 pour simuler une scène de nuit en filmant en plein jour mais avec un très fort obturateur. La nuit américaine d’aujourd’hui montre les véritables ténèbres de cet occident qui s’écroule en laissant le champ libre à la dictature chinoise.

Nov 04

The apprentice est viré

By Antoine | Humeur , Politique

« You are fired »

Ces 3 mots qui sonnent comme un coup de fouet seront probablement les plus prononcés sur le Net ces prochains jours.

J’ai envie de les prononcer parmi les premiers… Je prends le risque. C’est trop jouissif.

Août 14

U fratellu di Cismonte

By Antoine | Poésie , Souvenirs

U fratellu di Pumonti

Mon frère d’au-delà des monts. Je ne t’ai jamais rencontré et tu es ma part d’ombre, de mystère et d’inconnu. Comme un mazzeru, je te retrouve la nuit dans mes rêves dans lesquels nous égorgeons brebis et animaux faibles, hagards, frères et incontrôlables…

Lever de soleil. Je suis sans toi, lové dans une méchante couverture, accroupi sur le balcon branlant de la « maison du diable », à Ravanello, côte Est de la Corse. Matin de février. Le feu termine de rougeoyer dans le poêle Godin mais je suis dehors, sur le balcon, face à la mer que l’on appelle Tyrrhénienne. J’attends le lever de l‘astre, boule d’argent sur fond bleu acier de l’horizon marin, sur ce balcon de bois vermoulu, heureux de me savoir si maigre dans mes 16 ans. Je ne pèse pas lourd et les termites attendront plus gras que moi pour nous faire nous effondrer.

Je pense à toi, mon frère inconnu qui habites au-delà des monts – di là da i monti – qui vis encore dans la nuit des signadore. Tu vis côte Ouest, vers Ajaccio. La région que j’ignore, que j’occulte. Le granit et ses sommets me séparent de toi. Les ombres et bosquets des jardins abandonnés des belles maisons d’américains te sont cabanes et villégiatures secrètes.

Tu regardes autant vers l’Ouest, l’Amérique, ses ors et ses squaws, que moi l’Est, l’Italie et ses femmes étrusques au ventre plat. Sò di qui. Sò di quà. So Santi. Da u campu santu à i monti.

Je remonte vers toi par les sentiers tracés dans le maquis par les bêtes sauvages, Tu en fais autant. Nous doublons les ruines des villages abandonnés. Les maisons éventrées exposent aux cieux leurs chapelles aux peintures d’oiseaux du paradis. L’odeur des clémentiniers en fleur le dispute à celle des pierres sèches et au lisier des cochons sauvages. Nous marchons l’un vers l’autre pour une rencontre au sommet.

Je m’abreuve à l’eau des torrents. Et plus je bois, plus une soif inextinguible me cheville au corps. Je vois des images sombres, des tripes, des vers de putréfaction, une soif animale d’assouvir la mort et de tuer. Plus je bois cette eau ensorcelée plus je presse le pas vers l’amont, vers la source. Et là, au creux d’une roche, faille intime dans la montagne, sort un jet puissant, une source pure. Sauf que dans ton premier bassin, un sanglier gît, mort depuis quelques lunes. Sa peau se détache par lambeaux et libère ses effluves dans l’eau que j’ai bue avidement. Mes pulsions de mort ont trouvé leur source. Je vomis et je rends grâce à la vie qui cherche toujours le chemin de sa continuation.

Voici le sommet de la montagne. La crête se détache sur le ciel si bleu pâle qu’il en est presque blanc. La croix de fer forgé se détache clairement. Hommage des hommes. Paratonnerre recevant humblement la foudre de la colère divine. Je la touche. Le fer rouillé crisse sous mes doigts. Je sens Dieu sous mes phalanges. Il me parle, me comprend et me pardonne de mes pêchés. Et au-delà de mes yeux entre-ouverts, je vois la vallée descendant raide vers le golfe du Lion. Tu es en bas, tu regardes vers moi.

Tu attends de me raconter la vie de la ville impériale. Je ne sais rien d’elle. Le musée Fesch, la place du diamant, le port Tino Rossi… Moi je me sens génois. Toi, tu as vécu sous le règne de Sgio féodaux : les Cinarca, les d’Ornano et autres Pozzo di Borgo. Par moments je ne te comprends pas. Moi, qui ai grandi dans la douceur du Magnifique Office de Saint George. La République de Gênes a forgé mon destin et ma culture. Paroles, paroles, paroles… Tes mots tendres se posent sur ma bouche, mais jamais sur mon cœur.

Mon frère, je descend en courant la montagne vers toi. Et nous serons bientôt réunis.

Août 10

Prophète en son pays

By Antoine | Economie , Professionnel

En 2018, j’avais identifié le risque de pandémie mondiale comme principal risque opérationnel pouvant obérer le futur d’un géant comme Airbus. C’était le résultat d’un mémoire en fin de formation au métier de risk manager à l’Institut du Management des Risques à Bordeaux.

Voici ma cartographie des risques du groupe Airbus. Ma seule « erreur » étant une sous-estimation du degré de probabilité d’une pandémie mondiale. Mais qui aurait pu imaginer que la Chine trompe le monde entier sur la gravité de l’épidémie qui l’a frappée en pleine célébration du nouvel an lunaire ?! L’analyse de l’impact, lui, était visionnaire.

Juil 25

Adieu, enfant du maquis

By Antoine | Souvenirs

1965-2020

Christian était pour nous « l’enfant du maquis », du nom de la chanson qu’il avait composée et qu’il nous avait chantée lors de notre première rencontre, il y a environ 15 ans de cela.

L’enfant du maquis, éternel vagabond, a bien pris cette fois le maquis et bien malin celui qui réussira à l’y retrouver !

Christian était indissociable de la musique qui l’habitait, muse des plus plaisantes qu’il servait bien en retour, pour notre bonheur à tous. Sa musique alliait les influences, avec toujours une touche latine nous rappelant ses origines, bien au Sud des Pyrénées. Son accent du Sud-Ouest aussi nous enchantait.

Mais plus que tout ce qui peut le caractériser, c’est surtout la profonde humanité dont il a témoigné, son amour de l’Homme qui explique à lui seul ses convictions politiques radicales et assumées. Que de débats endiablés autour de la table, tard le soir, entre lui, d’extrême gauche, et moi, d’extrême centre !

Impossible de le raisonner. Les démonstrations économiques ne l’intéressaient pas. Seule la libération de l’Homme lui importait. Car il faisait partie des rares personnes connaissant la clé du bonheur et donc de cet affranchissement : des amis, de la musique, un sens des priorités et le respect de ses propres convictions.

Christian était indéfectiblement fidèle à lui-même comme à ses amis. C’était un ami sûr.

Christian était aussi un bon marin (« homme libre, toujours tu chériras la mer ») et il avait à cœur de partager son plaisir d’être sur l’eau. Peu importe le gros trou dans les vieilles voiles ressemblant plus à des culottes de grand-mère. La joie d’être réunis sur l’eau suffisait pour assurer l’essentiel. Nos enfants ont tiré leurs premiers bords sur son voilier. Ils en garderont certainement très longtemps le souvenir.

Mais comme dit le poète et chanteur sur l’air des « copains d’abord » : son trou dans l’eau jamais ne se refermera…

La disparition si soudaine de Christian nous cause la même peine que lors de la disparition tout aussi cruelle et anticipée de Marian, son ami, notre ami aussi à tous. Le golfe de Porto-Vecchio compte maintenant deux trous dans l’eau et nous ne pourrons regarder cette étendue mouvante et émouvante sans penser à eux.

La grande bleue dilue aujourd’hui les cendres de Christian, afin qu’il devienne ce paysage sublime, éternel et bienfaisant.

Avec peu, Christian avait tout. En pensant à cette vérité m’est revenu à l’esprit ce poème d’Arthur Rimbaud qui lui correspond si bien :

« Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées ;

Mon paletot aussi devenait idéal ;

J’allais sous le ciel, Muse ! et j’étais ton féal ;

Oh ! là ! là ! que d’amours splendides j’ai rêvées !

Mon unique culotte avait un large trou.

– Petit-Poucet rêveur, j’égrenais dans ma course

Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.

– Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou

Et je les écoutais, assis au bord des routes,

Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes

De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;

Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,

Comme des lyres, je tirais les élastiques

De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur ! »

Christian, nous t’aimons. Va dire bonjour à Poséidon et à ta muse !

Juin 08

Ainsi parlait Marguerite

By Antoine | Poésie

La modestie est une vertu qui se perd

8 juin 1903 : naissance de Marguerite Yourcenar, femme de lettres et membre de l’Académie française 

«Quand je considère ma vie, je suis épouvanté de la trouver informe. L’existence des héros, celle qu’on nous raconte, est simple : elle va droit au but comme une flèche. Et la plupart des hommes aiment à résumer leur vie dans une formule, parfois dans une vanterie ou dans une plainte, presque toujours dans une récrimination ; leur mémoire leur fabrique complaisamment une existence explicable et claire. Ma vie a des contours moins fermes. Comme il arrive souvent, c’est ce que je n’ai pas été, peut-être, qui la définit avec plus de justesse : bon soldat, mais point grand homme de guerre, amateur d’art, mais point cet artiste que Néron crut être à sa mort, capable de crimes, mais point chargé de crimes. Il m’arrive de penser que les grands hommes se caractérisent justement par leur position extrême, où leur héroïsme est de se tenir toute la vie. Ils sont nos pôles, ou nos antipodes. J’ai occupé toutes les positions extrêmes tour à tour, mais je ne m’y suis pas tenu ; la vie m’en a toujours fait glisser. Et cependant, je ne puis pas non plus, comme un laboureur ou un portefaix vertueux, me vanter d’une existence située au centre.

Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J’y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d’instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l’inévitable ; partout, les éboulements du hasard. Je m’efforce de reparcourir ma vie pour y trouver un plan, y suivre une veine de plomb ou d’or, ou l’écoulement d’une rivière souterraine, mais ce plan tout factice n’est qu’un trompe-l’œil du souvenir. De temps en temps, dans une rencontre, un présage, une suite définie d’événements, je crois reconnaître une fatalité, mais trop de routes ne mènent nulle part, trop de sommes ne s’additionnent pas ; je perçois bien dans cette diversité, dans ce désordre, la présence d’une personne, mais sa forme semble presque toujours tracée par la pression des circonstances ; ses traits se brouillent comme une image reflétée sur l’eau. Je ne suis pas de ceux qui disent que leurs actions ne leur ressemblent pas. Il faut bien qu’elles le fassent, puisqu’elles sont ma seule mesure, et le seul moyen de me dessiner dans la mémoire des hommes, ou dans la mienne propre ; puisque c’est peut-être l’impossibilité de continuer à s’exprimer et à se modifier par l’action qui constitue la différence entre l’état de mort et celui de vivant. Mais il y a entre moi et ces actes dont je suis fait un hiatus indéfinissable.»

Mémoires d’Hadrien de Marguerite Yourcenar, 1951.

Juin 04

A strada di i sensi

By Antoine | Souvenirs

Certains aiment les voyages sans boussole mais je ne suis pas de ceux-là.

Mon cœur et mon corps ont bien une boussole et celle-ci pointe obstinément vers le Sud, l’Extrême Sud plus exactement.

Oh, je ne parle pas des cieux dans lesquels on aperçoit la Croix du Sud…

Je parle de la plus proche des destinations lointaines : la Corse.

Un tag rageur sur un parapet dans un virage a frappé ce matin mon esprit : « libertà per tutti ! » J’ai pris conscience combien recouvrer la liberté après 9 semaines de confinement est un plaisir rare qui devrait être inscrit à la déclaration des joies de l’Homme.

Incapable de revenir sur l’île depuis le déclenchement de la crise sanitaire, j’ai vu mes billets d’avion et de bateau annulés par l’état d’urgence. J’ai donc dû ronger mon frein, comme 4 milliards d’individus sur Terre. Et travailler. Comme un stakhanoviste. Mais je ne me plains pas d’avoir eu énormément de (télé)travail.

Depuis le 18 mai, date de début d’un déconfinement « responsable » de la France, j’échafaudais mille scenarii plus ou moins crédibles pour justifier un dépassement de la limite des 100 Km imposés. La Corse est un petit peu plus loin que cette laisse administrative : 844 km à vol d’oiseau. Mais si seulement je pouvais voler…

Le sésame fut annoncé par le Premier Ministre le 28 juin et dès le 2 juin, il n’y aura plus de laisse. Nous aurons alors le droit de rompre le périmètre tracé sur Google Earth et doubler enfin Bergerac ou Mimizan !

Mon employeur m’ayant enjoint de prendre des congés avant la trêve estivale pour alléger le passif social de l’entreprise, j’ai donc acheté un billet de bateau pour le 3 juin.

Le jour J, j’ai enfilé mes bottes, mis mon blouson lourd et sanglé mon barda à l’arrière de la moto. Le démarreur a réveillé le gros bicylindre. Je commençais à réaliser que quelque chose d’excitant commençait.

Bon, ce n’était pas la route toute droite et monotone pour Toulouse qui m’a fait rêver, mais je dois dire qu’à partir de Carcassonne, un je-ne-sais-quoi de méditerranéen dans l’air a commencé à titiller mes sens.

Les muscles du fessier hachés par 8 heures sur les mêmes points d’appui, je me suis présenté au port de Toulon 5 mn avant le début de l’embarquement. Et en premier s’il vous plait ! Parfois, on a la conviction qu’une bonne étoile veille sur nous.

L’ambiance à bord était un peu surréaliste avec de multiples coursives bloquées par des rubans de police, des tables sans chaise dans les parties communes, un seul snack ouvert pour servir plusieurs dizaines de passagers…

J’avais prévu cette difficulté et m’étais pointé le premier à l’ouverture de la cuisine. Du cochon grillé et une Pietra ont largement suffi à mon bonheur.

Une douche m’a lavé des scories de la route et un lit profond m’a avalé sans même me souvenir avoir éteint la lumière.

La lune, presque pleine, scintillait sur la mer plate et une dernière idée m’a traversé l’esprit avant de confier celui-ci à Morphée : a vita è bella.

Six heures du matin, une douce musique bien choisie par l’officier de bord est descendue du plafond de la cabine. Avec un fort accent italien, il expliquait qu’il fallait me préparer à passer une deuxième journée merveilleuse du reste de ma vie.

La proue s’entrouvre et la rampe s’abaisse. Ajaccio, rose et ocre me saute au visage. Mais « À chì ùn ci hà da fa. Ùn ci stia! » (NDLR : il n’y a rien à faire ici. On ne s’y attarde pas : l’expression ancienne chère aux corses revenant sur leur île natale et qui, impatients de « monter au village » délaissaient très vite la cité impériale).

Je longe le fond du golfe clair, ignorant cette laide périphérie mitée par les hangars des grandes enseignes du continent.

Très rapidement heureusement, des noms chantants de localités commencent à défiler : Porticcio, Pietrosella… Parfois des noms à faire froid dans le dos, tant ils évoquent les règlements de comptes fratricides : Grosseto-Prugna, Pila-Canale, Olmeto… « A palla calda o u ferru freddu ! » (la balle chaude ou le fer froid !) Le choix des armes de la vengeance que rappelait cette belle ensorceleuse de Colomba à l’honnête officier Orso della Rebbia. Mérimée n’a rien inventé, juste un peu dramatisé… Mais il est vrai qu’en Corse, lorsqu’un a un ennemi, il faut choisir entre les  » 3S « , Schiopetto, Stiletto, Strada (le fusil, le stylet ou la fuite).

Pour en revenir à a strada qui veut aussi dire la route, parlons-en de cette route ! 134 Km de lacets aussi voluptueux que la guêpière d’une fille de joie. La moto les enroule et les déroule, virevoltant de virage en virage, s’inclinant comme dans une chorégraphie bien rythmée. Bascule à gauche, bascule à droite. Ouverture des gaz en sortie pour redresser la mécanique…

Cette route a ici un nom : « a strada di i sensi » (la route des sens).

Et il faut reconnaitre que l’expérience est multi sensorielle. On en prend plein la figure, le nez, les yeux…

On a mille fois conté le camaïeu de mille verts du maquis, de la plus tendre pousse de fougère du printemps au vert argenté des oliviers. Du vert profond des aiguilles des pins laricio jusqu’au vert blond des champs de pâture.

Mais, comme disait Federico Garcia Lorca : “verde que te quiero verde” (lien) !

Les robinets à endorphine sont ouverts à plein. Je me shoote aux senteurs corses.

Les odeurs, en voyage plus encore, sont des fictions intouchables et pourtant si prégnantes. Des effervescences invisibles, des émanations instables, invasives, pénétrantes de rien, des associations libres. Le nez s’habitue à elles dès les premières minutes, mais on peut ensuite se laisser de nouveau envahir si l’on a conscience de leur présence. Comme une méditation de pleine conscience.

À l’arrivée en Corse, c’est toujours la première chose qui prend à la gorge : l’odeur du temps d’abord, du soleil cannibale, de l’humidité dévorante ou absente selon la saison ou l’heure du jour. Des odeurs qui sortent de la terre et des bêtes qui l’habitent. Et puis, sous ces fragrances organiques, une odeur éternelle et minérale, une imprégnation fantôme : celle du granit, sûr de son intemporalité et dédaigneux de l’agitation fébrile de la vie carbonée qui vit sur son dos.

Ce mélange ressemble à un pain d’épice, sucré et moussu.

Mon visage rayonne alors que le vent de la vitesse me gifle et me grise. Un sourire banane passe d’une oreille à l’autre. Je dois avoir l’air d’un benêt aux yeux de ces petits vieux assis à l’ombre d’un platane à Grosseto-Prunia ! « N’est-ce pas Chuchuchelli sur sa nouvelle Kawazaki ? » dit l’un d’eux. Private joke que je dois vous conter un jour, cher lecteur.

Je pars à l’assaut des cols, je rase les parapets, je double en un clin d’œil les lourds camions chargés comme des bêtes de somme. La route se libère, elle est là pour moi. Ma boussole pointe toujours vers le Sud et puis arrive le belvédère offrant le plus beau point de vue sur le lion de Rocapinna. Le fauve est toujours là, couché sur le dos de la montagne et guettant le retour des sarrasins.

BMW a un slogan : “Make life a ride !” Il me va très bien, et résonne avec celui de Land Rover que j’avais déjà adopté : « One life, live it ».

Une chanson m’a accompagné durant ce moment de bonheur : God put a smile upon your face.

Avr 25

Liberté, Inégalité, Fraternité

By Antoine | Humeur

Le territoire national est très inégalement touché par le virus

N’en déplaise aux partisans de cette triste passion française pour l’égalité qui scandent déjà que personne ne doit être déconfiné par solidarité avec les régions les plus touchées…

Quand on regarde les statistiques au 24 avril des admissions, soins intensifs et décès, on ne peut que se dire que la pandémie n’a quasiment pas affecté de larges pans du pays :

Avr 19

La peur du (non) changement

By Antoine | Arts , Humeur

En quête de sens (encore)

Une étude de l’Institut Lémanique de Théologie pratique de l’Université de Lausanne vient de souligner qu’une bonne proportion des gens interrogés ont peur que la société dans laquelle on vit ne change finalement pas, une fois la crise sanitaire passée.

Cette crise souligne le besoin de changement et la quête de sens de notre société occidentale. André Malraux l’avait prédit : « le XXIème siècle sera spirituel ou ne sera pas ». Le propos contient une menace.

Avr 11

Donald (lame) Duck

By Antoine | Humeur

Connard boiteux…

Aux États-Unis, un « lame duck » est l’expression historique traduisant un président en fin de mandat et qui n’a donc plus beaucoup de légitimité.

Mais Donald (lame) Duck n’en a-t-il jamais eue ? Son élection a reposé sur un code électoral peu représentatif de l’électorat et a bénéficié des actions de déstabilisation russes et d’autres lobbys (cf. Cambridge Analytica).

L’immense gifle du Coronavirus qui, hélas, se traduira par des dizaines de milliers de morts pauvres et exclus du sytème de santé, est la conséquence de son inconséquence. Les choix de la société américaine depuis 1980, dont les travers ultra-libéraux ont connu leur paroxysme avec Trump, vont se payer en tombereaux de morts et par la récession.

On dit que les canards à qui l’on a tranché la tête continuent de marcher. Un connard sans tête aussi ?

Mar 21

Wei ji

By Antoine | Humeur

Du risque nait l’opportunité du changement !

Le chinois (et le japonais aussi je crois) utilise deux idéogrammes pour évoquer la crise : « danger » (wei) et « opportunité » (ji).

En risk management, on nous apprend le B-A.BA : tout risque constitue également une opportunité. Et Nietzsche ne disait rien d’autre en affirmant, le menton bien haut, que « ce qui ne me détruit pas me rend plus fort ».

Le « ji » exprime plus exactement un point de basculement, une opportunité d’évolution, un besoin de changement. De la crise nait le courage ; du courage la décision ; de la décision le changement.

La « crise de la quarantaine » que nous traversons doit donc être perçue comme le début de quelque chose de nouveau, la fin nécessaire d’un ancien monde qui, en cent ans à peine, a mis la terre et les terriens à genoux. Nous étions devenus fous, prédateurs, suicidaires. Une large partie d’entre nous sentait que nous faisions fausse route, que notre vie manquait de sens. La collapsologie commençait à dépasser l’effet de mode pour devenir une science. Je l’ai abordée depuis un an et, sans le dire pour ne pas passer pour un hurluberlu, j’y ai cru.

La vérité statistique et la rigueur mathématique nous prouvent que notre croissance effrénée a dépassé la capacité de production et de régénération de notre planète. Mais l’argent, comme un puissant anesthésiant ou une drogue dure, nous empêchait de voir la vérité en face.

Un miniscule virus, véhiculé par un étrange animal, le pangolin, ressemblant à « un mini tank habillé par Paco Rabane » (Sylvain Tesson) nous force aujourd’hui à nous mettre en marche. Après avoir fait demi-tour.

Mar 14

Covid-19 : le révélateur

By Antoine | Humeur

Le monde part en cacahuète…

Et tout a commencé par une minuscule chose de la taille de 50 nanomètres !

Petit mais costaud en tous cas le Covid-19. Ce qui me saute aux yeux, c’est que ce virus agit comme un révélateur de toutes les turpitudes, arrogances, suffisances et insuffisances de l’humanité.

Ainsi : il a mis en pleine lumière le coté le plus obscur du régime totalitaire chinois. Oncle Xi a beau avoir voulu faire taire les lanceurs d’alerte, nier, pérorer, enfermer les gens… Rien n’y fait : le virus lui a pété au visage, faisant fi de la censure.

Il est aussi une réponse cinglante de la nature dont la faune sauvage se fait dévorer par une population mal éduquée et sans respect, même pour les espèces en danger. Il est aussi la preuve de l’insalubrité de tant de villes où tout le monde crache par terre, chie dans les ruisseaux et vomit une pollution affolante.

Et on s’émerveille du taux de croissance de la Chine ?! Pour rien au monde je n’aimerais vivre parmi eux ! Une gigantesque prison à ciel ouvert.

Et en Occident ? Le virus révèle ici aussi l’incapacité de certains gouvernants, voire leur crasse intellectuelle. Ainsi, Trump qui n’a cessé ces 3 dernières années de réduire de 15 à 20% par an le budget de l’agence fédérale de lutte contre les épidémies. La dérégulation qui permet aux entreprises et aux employeurs de faire n’importe quoi. L’Appât du gain du monde anglo-saxon qui ne voit aucun problème à ce que 70% des salariés les moins bien payés n’aient droit à AUCUN congé maladie ! 27 millions d’américains sans AUCUNE protection sociale…

La crise sanitaire met en danger tant de gens. Peu lui importe : Trump préfère insulter les européens sur leur « mauvaise gestion » de l’épidémie. Cet homme me dégoute. Petit virus… ne pourrais-tu pas voleter jusqu’au 1600 Pennsylvania avenue à Washington. Un vieux con qui ne manque pas d’air mais qui nous le pompe allègrement mériterait bien une belle leçon d’humilité.

Quant aux pays émergents (ou imergeants comme l’Algérie), le virus révèle encore l’absence parfois totale de politique de santé publique. Leurs dirigeants, gérontocrates corrompus, sont le véritable virus de l’humanité.

Fév 27

Du PANgolin… à la PANdémie

By Antoine | Humeur

Qu’il est difficile de résister à la tentation de voir dans l’apparition du Coronavirus 19 une réaction « intelligente » à la prédation excessive de l’Homme sur les autres êtres vivants de la Terre !

Sur cette même planète, tout est inexorablement lié. Lavoisier le disait mieux que cela, mais l’évidence est là : dans un environnement clos, les excès se corrigent d’eux-mêmes. Il est tentant de croire en la vengeance du brave petit pangolin, animal doux et inoffensif.

Et qui osera démontrer aux centaines de millions de consommateurs chinois que les écailles et les cornes n’ont aucune vertu thérapeutique sauf un vague effet placébo ? Il ne s’agit que de concrétions de kératine, comme les poils et les ongles. Rongez donc votre propres ongles ! Pourquoi les chercheurs ne tenteraient-ils pas de démontrer avec toute la rigueur d’une méthode scientifique robuste que bon nombre de remèdes de la médecine traditionnelle chinoise sont de la poudre de perlimpinpin ? C’est en décillant les masses qu’on arrêtera peut être les extinctions de masse ! La bêtise tue.

Nov 01

Sardines

By Antoine | Poésie

Petites sardines, priez pour nous !

Sardines à l’huile fine sans tête et sans arêtes.
Dans leur cercueil de fer blanc

plein d’huile au puant relent
marinent décapités
ces petits corps argentés
pareils aux guillotinés
là-bas au champ des navets !

Elles ont vu les mers, les
côtes grises de Thulé,
sous les brumes argentées
la Mer du Nord enchantée…

Maintenant dans le fer-blanc
et l’huile au puant relent
de toxiques restaurants
les servent à leurs clients !

Mais loin derrière la nue
leur pauvre âmette ingénue
dit sa muette chanson
au Paradis-des-poissons,

une mer fraîche et lunaire
pâle comme un poitrinaire,
la Mer de Sérénité
aux longs reflets argentés

où durant l’éternité,
sans plus craindre jamais les
cormorans et les filets,
après leur mort nageront
tous les bons petits poissons !…


Sans voix, sans mains, sans genoux*
sardines, priez pour nous!…

*Tout ce qu’il faut pour prier. (Note de l’auteur)

in : La Négresse blonde, George Fourest, 1909

Oct 20

Butor land

By Antoine | Politique

Extraordinaire KAL, humoriste de The Economist

C’est si bon de se payer la tête de tels loosers / doble loosers / whatever !

KAL twit trump

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