By
Antoine
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Histoire
Le 8 mai 1769, la bataille de Ponte Novu marquait la fin des 14 années d’indépendance éphémère de la Corse. Le général et père de la nation Corse, Pasquale Paoli, perdait le combat face à 22 000 grenadiers du comte de Vaux. Louis XV pouvait prendre possession de cette ile achetée aux génois en compensation de la dette de ceux-ci…
Cela fait 250 ans que les corses commémorent leur rêve évaporé.
Sauf que… ce rêve se vit ailleurs !
Les grands penseurs et philosophes de l’époque et d’aujourd’hui sont unanimes pour reconnaitre que Paoli fut l’un des principaux inspirateurs du projet d’indépendance et de la constitution nord-américaines. En 1755, la Corse fut le premier régime de l’histoire à se doter d’une constitution la plus droit-de-l’hommiste possible: suffrage universel, droit de vote pour les femmes, séparation des pouvoirs, université libre, bourses d’études au mérite…
Une chanson très émouvante de VOCE VENTU vient raviver ce souvenir. Elle est étroitement inspirée d’une lettre du très jeune Napoléon Bonaparte (le 12 juin 1789) adressée à Paoli, alors parti en exil à Londres, dans laquelle il lui témoigne son admiration. Napoléon naquit le 15 aout 1769, quelques jours après la bataille de Ponte Novu.
Ne fut-il pas l’incarnation de la revanche de la Corse ? Respect.
Je partage avec vous la lecture de sa lettre puis le titre O GENERALE dont vous trouverez les paroles plus bas dans ce post.
Chì alba fù, chì alba era ?
Una nazione o una guerra ?
Chì fù stu maghju veranu neru
A sanguiniccia sott’a bandera.
À mezu à lagni eppo sciagura
Cusì sò natu in terra sdrutta.
Da la putenza senza primura
Privu di noi di u nostru fruttu.
O Generale, O patria disfatta d’ùn avè
a forza è l’arme d’un indegnu vulè.
Cù Ponte Novu aghju vint’anni
È u so frombu mi sarà
O Generale avà un dolu è un spirà.
Cù la cuscenza è lu tramannu,
Contr’à i sbiri è lu guvernu.
U vogliu palisà l’ingannu
Chì misse u populu à caternu.
A verità a vogliu scrive,
Datemi capu O gran Pasquale
Da fallu degnu è fallu vive
Di tutti i Corsi l’ideale.
O Generale, O patria rapita in lu vulè
dà forza à l’arme di lumi è di sapè.
Cù Ponte Novu aghju vint’anni
È u so cantu mi darà.
O Generale avà un scopu è un campà
Ne vogliu esse O Generale
Di u putere la contraparte
Di u rinnovu lu mutale.
Napuleone Bonaparte
Traduction :
Que fut cette aube, qu’était cette aube ?
Une nation ou une guerre ?
Que fut ce mois de mai, ce printemps noir ?
La boucherie sous la bannière
Au milieu des pleurs et des malheurs.
Ainsi je naquis en une terre ravagée
Par la puissance sans scrupule.
Ainsi privé de nous, de notre fruit
O Général, O Patrie défaite de n’avoir pas eu
La force et les armes de l’indigne pouvoir.
Comme Ponte Novu, j’ai vingt ans
Et son souvenir me sera
O Genéral, désormais autant
un deuil qu’une revanche.
Avec la conscience et le tourment
Contre le pouvoir et ses soldats
Je veux dénoncer l’imposture
Qui mit notre peuple aux abois.
La vérité je veux l’écrire
Ecoutez-moi O Grand Pascal
De lui rendre sa dignité, et la faire vivre
En tous les corses, un idéal.
O Général, O Patrie dérobée à l’esprit,
Renforce les armes de lumière et de savoir.
Comme Ponte Novu, j’ai vingt ans
Et son souvenir donnera
O Général, désormais, un sens à mon existence.
Je veux être, O Général,
Du pouvoir le contrepoids
Le porteur du renouveau.
Napoleon Bonaparte