
Le vert paradis des amours enfantines
Les choses tristes et errantes
Frédéric Mitterrand a interviewé cette semaine sur LCP notre ancien Président VGE pour en faire jaillir ses mémoires. L’entretien est certainement passé inaperçu au beau milieu des variétés et autres amusements légers, si légers, dispensés par la télévision française à une population en pleines vacances (vacance intellectuelle).
VGE a achevé l’exercice sur une note très personnelle avec une récitation de mémoire qui, manifestement, l’a profondément ému, du poème Moesta et errabunda de Baudelaire (les Fleurs du Mal, 1857) :
« (…) Comme vous êtes loin, paradis parfumé,
Où sous un clair azur tout n’est qu’amour et joie,
Où tout ce que l’on aime est digne d’être aimé,
Où dans la volupté pure le cœur se noie!
Comme vous êtes loin, paradis parfumé!
Mais le vert paradis des amours enfantines,
Les courses, les chansons, les baisers, les bouquets,
Les violons vibrant, derrière les collines,
Avec les brocs (le vins, le soir, dans les bosquets,
Mais le vert paradis des Amours enfantines,
L’innocent paradis, plein de plaisirs furtifs,
Est-il déjà plus loin que l’Inde et que la Chine?
Peut-on le rappeler avec des cris plaintifs,
Et l’animer encor d’une voix argentine,
L’innocent paradis plein de plaisirs furtifs? »