
Wei ji
Du risque nait l’opportunité du changement !
Le chinois (et le japonais aussi je crois) utilise deux idéogrammes pour évoquer la crise : « danger » (wei) et « opportunité » (ji).
En risk management, on nous apprend le B-A.BA : tout risque constitue également une opportunité. Et Nietzsche ne disait rien d’autre en affirmant, le menton bien haut, que « ce qui ne me détruit pas me rend plus fort ».
Le « ji » exprime plus exactement un point de basculement, une opportunité d’évolution, un besoin de changement. De la crise nait le courage ; du courage la décision ; de la décision le changement.
La « crise de la quarantaine » que nous traversons doit donc être perçue comme le début de quelque chose de nouveau, la fin nécessaire d’un ancien monde qui, en cent ans à peine, a mis la terre et les terriens à genoux. Nous étions devenus fous, prédateurs, suicidaires. Une large partie d’entre nous sentait que nous faisions fausse route, que notre vie manquait de sens. La collapsologie commençait à dépasser l’effet de mode pour devenir une science. Je l’ai abordée depuis un an et, sans le dire pour ne pas passer pour un hurluberlu, j’y ai cru.
La vérité statistique et la rigueur mathématique nous prouvent que notre croissance effrénée a dépassé la capacité de production et de régénération de notre planète. Mais l’argent, comme un puissant anesthésiant ou une drogue dure, nous empêchait de voir la vérité en face.
Un miniscule virus, véhiculé par un étrange animal, le pangolin, ressemblant à « un mini tank habillé par Paco Rabane » (Sylvain Tesson) nous force aujourd’hui à nous mettre en marche. Après avoir fait demi-tour.