Notre Ministre s’attaque au latin. Prenons les armes !
J’ai reçu hier la prose suivante :
Un professeur au lycée Janson de Sailly a répondu spirituellement aux contempteurs des études classiques. Voici son discours prononcé à ladistribution solennelle des prix.
« Je regrette de ne pouvoir reprendre l’antique coutume de prononcer le discours en latin mais, que voulez-vous, la mode est passée et il n’est personne, à l’heure actuelle, qui aurait le téméraire courage de le ressusciter.
Primo, comme disait un latiniste de mes amis, cela pourrait passer pour un ultimatum aux humanités modernes et ce serait ipso facto un véritable outrage au statuquo que de faire ex cathedra un pareil lapsus.
Secundo, il faut de plus en plus s’exprimer en français, c’est la condition sine qua non pour être persona grata.
Tertio, il ne faut pas ajourner sine die la remise de l’exeat que vous attendez, soit dit en a parte, comme nec plus ultra.
Finis les pensums, finis les vétos ; l’heure est aux accessits, aux ex aequo, et cætera .
Dans un instant vous serez récompensés au prorata de vos efforts. On proclamera orbi et urbi vos résultats, non point grosso modo, mais in extenso, et vous emporterez un palmarès que vous conserverez jalousement en duplicata, comme mémento, première ébauche au sein de l’alma mater, alias l’universalité de votre curriculum vitae.
Vous partirez ad libitum les uns par l’omnibus, les autres pedibus cum jambis ou vice et versa.
Aussi ne veux-je plus retarder votre sortie d’un seul alinéa ou d’un seul post-scriptum et parvenu à mon terminus, je me contente de vous dire simplement’, in extrémis : mes chers amis, au revoir et belles vacances
»
Je me suis senti challengé. Alors voici ma réponse :
Ab initio, j’ai trouvé cela très bon.
Mais ce n’est pas le nec plus ultra.
Pour faire une réponse ad hoc,
j’ajouterai ceci comme addenda
(pluriel d’addendum comme mes alter ego le savent) :
A minima, notre ministre est une sotte sans aura.
Promue au forceps et ex nihilo cheftaine des ZEP
(plutôt grâce à son faciès du sud du Mare Nostrum
que pour être sortie major d’un magister)
son fatum fut de se croire sortie du fémur de Jupiter.
Quand elle aura fini de demander au media des video
d’elle tournées dans des auditorium ou sur les campus
pour vanter les vertus du cannabis (étrange version de carpe diem)
Elle pourrait se soucier du cortex de notre progéniture.
Hélas, elle fait hic et nunc contre elle consensus.
Ad nauseam, elle déroule son credo :
Ne plus faire de distinguo entre les genres
et donc promouvoir les fécondations in vitro
pour les couples à deux pubis ou à deux pénis !
Ipso facto, ceux qui n’ont pas ce problème de libido
ont des poussées de lupus, d’impetigo ou – pire – des infarctus…
De facto, ils sont dans la rue et distribuent des prospectus.
Bref : c’est un vrai casus belli cette Virago !
Alors pourquoi insister mordicus dans ce delirium ?
Tandis que le déficit d’image la pousse vers l’exit
Ex abrupto, elle s’invente un nouveau credo :
Manu militari elle s’attaque aux sources de l’orthographe.
Le grec et le latin sont qualifiés de trop rétro.
Mater dolorosa du dernier vulgum pecus venu
(l’olibrius sans occiput qui croit que « fiat lux » est une voiture),
Elle fait croire qu’on rasera gratis alors que ces jeunes sans culture
ne pourront prétendre qu’à des jobs d’interim
ou de nettoyeur de lavabo de sanatorium…
Alors caveat les juniors ! Comprenez illico ceci :
« Dura Lex » n’est pas une marque de préservatifs !
« Ite Missa Est » n’est pas un héros de la guerre des étoiles.
« Sic transit » n’est pas un médicament laxatif…
Et « modus vivendi » n’est pas une chaine de VOD !
Le latin permet d’atteindre le summum !
Grace à cette culture non populaire, vos desiderata
professionnels deviendront in fine des réalités.
Confiteor, je l’avoue, je ne maitrise pas le latin
Mais ces quelques mots m’ont permis d’atteindre le Palatin !
Quant à notre socialiste avec tous ses impedimenta idéologiques,
Laissons là à son processus de crétinisation.
Nous aurons le satisfecit de la voir bientôt décrocher son exeat.
In memoriam, nous dirons alors « requiescat in pace »
ou bien alors, dans un rictus, « Asinus asinum fricat » !
Antonius Bourbonius