Sò compié e vacanze…
Oui, les vacances (romaines) sont bien finies. Miss Saigon vient d’être embarquée par un transporteur. Destination… la Corse où un acheteur a sauté sur l’occasion lorsque je me suis résolu à mettre en vente ma Vespa de 1962.
Nous avons bourlingué ensemble 17 ans. Elle en a 57, moi 45. Vieux couple, nous étions un peu les Macrons de la route. Je l’avais rencontrée à Saigon, dans son jus, et l’avais faite rénover « to the nuts and bolts », jusqu’au dernier rivet. Ensuite, elle pétaradait et paradait comme pas deux dans les rues de Saigon. Nous faisions des virées entre amis, un jour jusqu’au Cap Saint Jacques où nous sommes allés distribuer des médicaments dans un orphelinat.
Je l’adorais. Pourquoi ? Parce qu’elle représentait le passé que j’aime tant. La tôle, l’essentiel, le style et l’émotion. La peur de la panne et la fierté des grandes traversées sans encombre.
Certes, elle freinait mal, ne voulait pas tourner, était instable et renâclait à démarrer parfois… Mais ses défauts faisaient partie de son charme et j’en étais raide amoureux.
C’est par contrainte que je m’en sépare et j’ai le cœur lourd. Je pleure comme un enfant à qui on a enlevé son plus beau jouet.